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#13 Poèmes d’adopté

Un cliché en toile de fond

L’identité de L’adopté international laisserait peu de place à la nuance
Telle une toile blanche à peindre, la palette a déjà été préparée au préalable
La peinture n’est pas à l’huile ni à la gouache mais aux clichés.
Les couleurs proposées sont manifestement binaires
Il faudra composer avec la multitude de nuances de gris
 Ou bien seulement quelques couleurs primaires, vives et pétillantes.
Peindre son identité demande de l’inspiration.
Le cercle familial, la société le quotidien serviront de muse.
Une peinture ne peut se faire sans le pinceau de la conscience.
Ardu est le démarrage, l’inspiration comme les clichés présents compliquent
La céation identitaire.
Mais la création n’est-elle pas libératrice ?  L’œuvre artistique n’est est-elle pas l’expression ?
Si L’adopté doit peindre son identité cela sera alors de l’art et ne peut
En être autrement.
L adopté prend le pinceau du bras de la volonté.
Il s’en servira pour mélanger les couleurs de sa palette afin de créer les
Siennes et commencer à peindre.

Jangadeiro

Gringo malgré lui

Fouler le pied de la terre natale procure une sensation unique et inédite.
Le sens de l’observation se doit d’être décuplé pour ne rien louper.
Les gens les lieux l’environnement doivent être photographiés sur le papier de la
Mémoire.
Mettre le temps à l’arrêt pour faire perdurer chaque instant indéfiniment serait souhaitable.
Car ce temps sera précieux pour connaître ces gens leurs us et leurs coutumes.
Les hostels, les lieux fréquentés favorisent le contact.
L’ouverture d’esprit et l’hospitalité de mes semblables aident dans cette démarche
Dis-moi que tu es afin de savoir qui je suis voilà mon état d’esprit
Mes sens me donnent l’illusion de déjà connaître ces reliefs pourtant non familiers.
L’adaptation au train de vie se fait sans effort.
Sans nul doute car ceci est mon véritable environnement car c’est chez moi que je suis.
Sur ces plages mon esprit est en paix dans ces rues mon avenir se projette.
Nous sommes chez nous là où nous nous sentons bien
Nous nous sentons bien là où tout est fait pour que l’on se sente bien.
L’illusion effritée par le temps passé en ces terres, la relation véritable apparaît.
Une relation que l’adoption m’impose par-delà les continents.
Le quotidien dans ce pays natal apporte la preuve que la racine est coupée.
Dans leurs yeux je ne vois finalement pas envers moi un semblable mais un dominant, un occidental.
 Un dominant à dominer.
Tu crois nous ressembler voilà une faille à exploiter.
« Il a été pris par l’occident il sera un gringo malgré lui »

Jangadeiro