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#32 Ma seule certitude est l’incertitude

Il me vient l’idée de témoigner car j’ai longtemps pensé que mon cas était isolé mais en fait, il n’en est rien.

J’ai grandi dans une famille adoptive malsaine, violente et déséquilibrée. Famille qui passait bien car elle avait de l’argent. Et qui m’a souvent répété que je leur appartenait, car je leur avais coûté cher.

Je n’ai jamais été cru pour mes témoignages de maltraitance, on me remettait toujours en question en disant que je faisais une crise existentielle à cause de mon adoption. Il n’en était rien. Le sain statut des parents adoptifs et de leur « parcours du combattant » les a protégés de tout. Il a fallut attendre un très grave incident avec eux pour que je sois enfin prise au sérieux, après 20 ans…

Lorsque que j’ai entrepris mes recherches auprès de l’ASE et du CNAOP, j’ai appris que mon identité n’était que mensonge. Faux lieu de naissance, date de naissance incertaine, prénom et nom donné par un illustre inconnu. Et aucune explication sur le fait que de tels adoptants ai pu soudainement obtenir un enfant. Le tout en France, sous la belle et altruiste image du sauvetage d’un enfant abandonné.

J’ai aujourd’hui 24 ans, je ne sais rien de mon identité, je ne sais rien des personnes qui ont contrôlé mon destin. Je ne sais pas si ma famille biologique me recherche, car celle-ci n’aurait aucun moyen de connaître mon identité officielle.

Je porte le nom de personnes qui m’ont détruites et n’ai aucun droit de porter mon nom de naissance.

Je recherche actuellement ma famille et d’éventuelles preuves de corruption/achat (ce qui est monnaie courante dans ma « famille » adoptive).

Ma seule certitude est l’incertitude et mon identité demeure un vaste mensonge. Tout cela, car une administration et des personnes ont décidé de ma vie. Je ne sais pas ce que c’est d’avoir une mère, ni un père. Je ne connais que l’abandon et l’insécurité.

Je ne sais pas qui est la personne que je vois dans le reflet de mon miroir. Je ne me reconnais pas. Je ne vois que le vide, je ne me suis jamais trouvée.

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#17 J’en souffre de cette indifférence , j’aimerais que ça change !

À chaque fois que je reçois une photo de ma mère, et que je vois toute la souffrance qu’elle a enduré (et auquelle elle fait toujours face aujourd’hui, ) dans ses yeux et son visage, je voudrais tellement pouvoir être à ses côtés et la serrer bien fort dans mes bras, envoyer un peu de chaleur, effacer sa peine et changer sa situation.

Et puis je me souviens, je n’ai que 18 ans, je suis étudiante, je n’ai pas d’argent. Ensuite, je songe à ma famille, ici, en France. Comme j’aimerais que ma famille adoptive ait aidé et aide ma famille naturelle. Mais je sais que ça n’arrivera jamais.

Depuis que j’ai retrouvé ma famille, mes parents n’ont jamais demandé des nouvelles de ma famille naturelle, ne se sont jamais inquiété de leur situation aujourd’hui. La dernière fois où j’ai fait allusion à la nécessité d’aider ma maman, mes parents adoptifs ont répondu : « Nous donnons assez aux associations dans le monde. Nous ne pouvons aider tout le monde. »

J’en souffre de cette indifférence , j’aimerais que ça change !

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#4 Pour moi, être adoptée, c’est donner l’apparence de.

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Pour moi, être adoptée, c’est donner l’apparence de.

Être adoptée dans un pays occidental est généralement perçu comme positif. Chacun pense que nous, les adoptés nous avons tout reçu : une bonne famille, une bonne éducation, une situation matérielle meilleure que celle qui semblait se dessinait à l’origine pour nous. Que forcément tout va toujours aller dans le bon sens. Mais j’aimerais dire que ce n’est pas toujours le cas et l’adoption ou être adopté n’est pas une garantie de réussite et d’épanouissement.

 D’abord, parce que les familles qui adoptent ne sont pas toutes de bonnes familles. Ma sœur, par exemple, a été adopté deux fois parce que la première famille dans laquelle elle est tombé (le couple) n’avait pas fait le deuil de leur premier enfant qui avait été tué par leur voisin. Ils n’ont donc jamais considéré ma sœur comme leur fille et refusait d’ailleurs qu’elle les appelle « Maman » ou « Papa » et l’ont maltraitée et violentée jusqu’à ses 6 ans environ  ( là où enfin elle a pu être adopté par nos parents actuels). Par ailleurs, les familles toxiques sont partout et les adoptants peuvent parfaitement en faire partie !

Enfin, pour nous, adoptés transraciaux, être adopté ça veut également dire que l’on est devenu une minorité dans notre pays d’accueil quand on ne l’aurait pas été dans notre pays d’origine. Dans notre pays de naissance nous n’aurions pas vécu le racisme, l’oppression ou fait face à des discriminations liées à notre couleur de peau. 

Mais bien souvent nos parents blancs n’ont pas pris conscience de ce fait là et n’ont pas été sensibilisé à la cause antiraciste avant l’adoption. Ils nous perçoivent souvent comme des enfants blancs sans s’intéresser au fait qu’on fait parti des minorités.

Combien de fois ai-je entendu le fameux “ je ne vois pas les couleurs”, “pour moi vous êtes tous pareils”, “c’est comme si vous étiez blancs” ! Ils n’ont souvent pas conscience que notre réalité en grandissant sera différente de la leur et que les privilèges dont ils bénéficient nous ne les auront pas, au mieux nous posséderont un certain white-passing mais ça s’arrêtera là.

Quand j’étais petite, je n’avais pas conscience de cet écart parce que j’étais tout le temps avec mes parents donc je bénéficiais pleinement de leurs privilèges et pour moi le racisme, c’était une chose vraiment lointaine et personne n’en parlait à la maison, ce n’était pas un sujet de discussion. Pendant longtemps je n’ai pas su mettre des mots sur ce que je vivais au sein de ma propre famille. Je ne savais même pas que j’expérimentais une forme plus subtile du racisme car dans mon esprit ça ne pouvait être que des actes explicites comme des insultes etc… Je n’avais jamais entendu parler du racisme ordinaire et des microagressions.

Cela se traduisait donc généralement par des plaisanteries ou des stéréotypes sur les personnes noires. Par exemple, je me souviens d’un jour où ma cousine avait sorti “ je ne me mettrais jamais avec un homme noir , ils sont tous infidèles !”  Et ceci devant mon frère qui est un homme noir justement et qui n’est pas du tout comme ça. Comment était-il censé le prendre ? Et je ne parlerais pas des commentaires sur mes cheveux crépus comme “tu ne t’es pas coiffée aujourd’hui” ( j’avais mis beaucoup temps pour faire mon afro), “ on dirait une sorcière”, “ C’est tes vrais cheveux ?” ou des personnes qui s’amusent à faire un accent dit “africain” et ou encore les mains dans mes cheveux sans même demander. Et je ne mentionnerai pas les généralisations constantes comme “ les personnes de tels origines sont comme ci, les africains ou antillais sont comme ça” Tout cela était justifié par des phrases tels que “ toi, tu n’es pas comme eux “, « Mais tu sais bien que je dis ça pour rire, je suis ta/ton [n’importe quelques membres de la famille], ou encore “ Si j’étais raciste, je ne vous aurais pas adopté”.  Selon eux, puisque qu’ils avaient des membres de la famille qui étaient noirs alors aucun de leurs propos ne pouvaient relever du racisme,  ça  les immunisait. 

Même si j’apprécie ma famille, grandir dans une famille blanche colorblind et qui ne reconnaît pas son privilège blanc, qui n’a jamais pensé que ces remarques et plaisanteries peuvent être racistes, a été assez néfaste pour moi car cela a conduit à de pas m’accepter et à intérioriser le racisme sans même m’en rendre compte. C’est vraiment compliqué de s’aimer et d’avoir une bonne estime de soi quand les personnes de sa couleur de peau sont régulièrement dénigrées et associées à des préjugés et clichés par sa propre famille.

 A chaque fois que j’ai été confronté au racisme peu importe la forme, ça a toujours était compliqué pour en parler à mes parents et j’ai rapidement arrêté d’essayer parce que bien souvent je n’avais pas le soutien espéré.

Pour mes parents, j’en faisais trop, j’étais toujours trop sensible, trop agressive,  trop  dramatique . Selon eux, la solution était simplement tout ignorer. J’ai encore à l’esprit les fois où ma mère m’a sortie “ Moi, je ne vis pas le racisme alors je ne peux rien faire pour toi. Il faut juste que tu apprennes à vivre avec.” , “ces histoires-là, ça je me concerne pas, ce n’est pas mon problème ”, “ Toi tu es noire, alors je comprends que cela puisse te parler mais moi je suis blanche », ou encore “Nous vous avons adoptés alors tu vois nous avons agit contre le racisme, maintenant nous sommes une famille multiculturelle donc un symbole d’antiracisme, nous avons fait notre part ”

Ainsi, arriver à l’âge adulte , c’est donc à nous d’éduquer nos parents blancs et notre famille au racisme que l’on vit, leur expliquer que c’est un vrai problème et qui nous affecte à tout niveau, qu’ils possèdent des privilèges que nous, nous n’avons pas etc….

Mais encore faut-il que le dialogue sur toutes ces choses soit possible et dans une famille qui prétend ne pas voir les couleurs, ça n’est pas chose facile. A chaque fois que j’ai voulu m’exprimer sur le sujet, j’ai été confronté  à leur white fragility c’est à  dire qu’ils se sentent toujours personnellement attaqués et se mettent directement sur la défensive, n’écoutes pas, minimisent tous mes propos ( à titre d’exemples :« oui mais ils n’y  pas que les noirs qui  souffrent », « moi aussi j’ai vécu des choses difficiles et j’en suis pas mort », « tu  dis  vraiment n’importe quoi » ,  « arrêtes de dire des choses aussi  stupides » etc.), et cherchent à stopper au plus vite la discussion. Par exemple, lorsque j’avais voulu expliquer ce que j’avais vécu dans ma scolarité notamment au lycée/ collège, le harcèlement que je subissais lié également au racisme , j’ai eu le droit à “ J’aurais su si t’avais vraiment vécu ça !  Arrête de raconter des histoires,  tu étais très heureuse à cette époque !” . Si je parle du racisme,  des violences policières, de privilège blanc etc.  La réponse est toujours la même « tu nous saoules avec tes histoires de racisme  ! » ou bien mes parents vont chercher à me provoquer sur ça en disant soit quelque chose qu’ils savent surtout mon père, que ça va me toucher et me faire réagir, soit en se moquant de ce que je leur aie dit et en décribilisant tout ce que j’essaie de leur partager. Je ne sais pas s’ils se rendent compte à quel point leur comportement me fait mal et peut-être blessant. J’ai l’impression de parler dans le vide, à des murs. Aujourd’hui j’ai bien compris que le racisme, les problèmes que je vis,  ce sont mes problèmes. Pas les leur et par conséquent, ça ne les intéresse pas, ils ne veulent pas en entendre parler.

C’est ma réalité, pas la leur.

Donc je dirais aux personnes qui élèvent un enfant non-blanc, qu’adopter  » l’aveuglement racial » comme solution au racisme est la pire chose que vous puissiez faire. Ce n’est pas parce que vous ignorez quelque chose que ça n’arrive pas. Votre enfant va devoir gérer ce racisme et ces microagressions d’un côté et il ne comprendra ce qu’il se passe exactement parce que vous ne lui aurez pas appris à faire face à cela. Il se retrouve donc seul parce vous lui avez fait comprendre que vous ne voyez pas les couleurs et par là, la réalité dans laquelle il vit en tant que personne racisée. C’est pourquoi beaucoup d’adoptés transraciaux ne disent plus rien à leur parent, ne se confient pas à eux. On finit par garder tout pour nous, le racisme que l’on vit et les problèmes liés à l’adoption.

En tant que parents d’un adopté transracial, vous ne devez pas seulement voir les couleurs, les différences qui font partie de la diversité, ou avoir conscience que le racisme existe dans un coin de votre tête mais devenir un allié pour votre enfant,  vous devez être ouvert au dialogue sur les questions raciales, vous devez combattre le racisme. C’est à dire que vous devez participer activement à la lutte contre l’injustice raciale. Ce n’est pas à votre enfant de vous éduquer sur ces questions,  ça ne marchera pas, mais à vous de faire des recherches sur la question, de vous informer sur ce que vous ne vivez pas ( racisme, oppression etc.). Prenez conscience que vous faites partis de la majorité et par là des personnes blanches. Donc que vous bénéficiez de privilèges que votre enfant n’aura pas. Vous ne pourrez donc pas protéger votre enfant contre le traitement que le monde lui réservera. Une fois les pieds hors de la maison. Il ne sera pas vu comme un adopté ayant une famille blanche mais comme une personne noire lambda.

Une autre chose est que lorsqu’on parle de l’adoption internationale, personne ne pense au déracinement que la personne a vécu, au traumatisme que c’est d’avoir été séparé de sa famille biologique, de sa culture et de l’environnement auquel nous étions habitués. On ne s’intéresse généralement pas aux conséquences que ça peut avoir pour un enfant en bas âge, un bébé qui ne peut pas comprendre ce qui lui arrive, qui ne connaissait que sa mère et qui tout d’un coup est confié à des étrangers à l’autre bout du monde où tout est différent de chez lui. L’environnement devient d’un coup totalement différent pour lui. On ne pense pas au choc immense que c’est,  un choc sur tous les plans et on s’imagine que tout ça ne devrait avoir aucune conséquence sur ce petit-être, qu’il peut être déplacé et échangé d’une personne à l’autre s’en être affecté. Pourtant les études scientifiques, psychologiques témoignent bien des effets dévastateurs que ça peut entraîner. 

 L’adoption a un coût psychologique et émotionnelle et mentale énorme sur les individus qui reste malheureusement complètement nié par la société à l’heure actuelle.

Donc, nous autres adoptés, on finit par devoir faire face à nos problèmes seul ( dépression , anxiété, solitude, isolement, crises d’identité, problèmes relationnels etc. ) et on souffre en silence. 

Mes parents n’ont malheureusement pas été ouvert aux discussions sur l’injustice raciale mais aussi sur le sujet de l’adoption. Pour eux, je ne devais pas m’y attarder et simplement le voir comme la meilleure chose qui me soit arrivé. Même si j’aime mes parents et que ma vie semble super aujourd’hui, j’aurais largement préféré ne pas avoir été adopté, ne pas avoir été déraciné de mon pays, de ma culture. Ne pas avoir à vivre avec ce traumatisme reconnu de personne que je dois gérer seule, sans soutien. Ne pas avoir à vivre en tant que minorité. Ne pas avoir à vivre de racisme. Ne pas avoir ces crises d’identités, ses sentiments de manque,  de vide.  Ne pas avoir été séparé de ma famille biologique. Ne pas avoir à me voir rappeler constamment combien je devrais être reconnaissante et heureuse.

Pour moi, le déracinement et l’adoption m’a fait perdre une partie de moi, de mon identité véritable. J’ai grandi en ne me sentant jamais à ma place, toujours de trop même si personne ne me le disait. J’ai grandi en me sentant toujours incomprise, isolée et seule. J’ai grandi en ayant des amis qui comprenaient pas mes réactions, mes émotions, mon comportement et qui m’ont toujours laissé tomber par incompréhension parce j’ai toujours eu l’air d’aller bien à l’extérieur. Ils ne pouvaient pas voir qu’être adopté, ça voulait aussi dire avoir vécu un traumatisme et un déracinement dévastateur. C’est avoir perdu mes parents au moment où tout personne en a le plus besoin. C’est naviguer dans un maelstrom d’émotions compliquées et douloureux.

Voilà pourquoi, pour moi, la résilience, ce n’est pas se reconstruire mais c’est donner l’impression d’aller bien quand on a été détruit de l’intérieur.

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#1 Encore une fois l’adoption n’a rien à voir et je ne me suis jamais dit « si jamais j’avais été adoptée par une autre famille »… c’est comme ça et je veux tout faire pour aller mieux.

Je viens de Madagascar et j’ai été adoptée très jeune. J’ai toujours considéré mes parents adoptifs comme mes vrais parents et par conséquent je me suis toujours dit qu’ils m’énervaient en tant que parents et pas comme des individus qui m’avaient pris d’un orphelinat. Ma mère donc, est plus que toxique avec moi : elle m’interdisait de porter des jupes en primaire/collège/lycée sous prétexte que ça sert à aguicher les garçons; elle m’espionnait derrière le grillage en primaire quand je jouais avec des garçons et soutenait qu’ils m’avaient attouchée (oui, elle réussissait à se convaincre que j’étais harcelée ce que je me suis mise à croire aussi alors que les amis garçons ça existe tout à fait); elle n’a jamais cessé de me comparer à la fille adoptée qui s’était selon les termes de ma chère mère « faite passer dessus par tout sauf un camion » et était sure que j’étais une « pute » en quatrième. Bref, elle était intrusive et voulait à tout prix tester ma virginité comme si ça la concernait (je n’ai jamais eu de rapport sexuel avec pénétration). Le plus dur c’était qu’elle me faisait culpabiliser de parler à des garçons ou même de m’en approcher. J’avais à chaque fois l’impression de les « aguicher » et j’étais gênée. Au lycée j’ai enfin réussi à me détacher d’elle et j’ai trouvé le compte de Parents Toxiques qui m’a énormément aidée à comprendre pourquoi elle faisait ça, comment m’en sortir et pourquoi ma sœur (adoptée également) ne percevait pas ma mère de la même façon (elles sont très proches malgré quelques disputes). Mon père lui est comme un pilier mais il devient peu à peu comme ma mère. Il la soutient dans ses accès de folie sous prétexte qu’elle en a besoin. Quand elle m’insulte, me crache dessus et lève la main sur moi il fait office de plante verte et s’isole de la situation comme si de rien n’était. Je ne lui en veux pas mais c’est dur parfois. Je souhaite m’éloigner de ma mère dès que je commence mes études l’année prochaine dans la capitale. J’ai envie de couper les ponts mais financièrement ça sera compliqué et surtout je sais qu’elle va retourner tout le monde (famille et quelques amis qui voudront bien l’entendre) contre moi au final. Je sais que leur jugement m’importe peu car ils n’ont pas vécu ce que j’ai vécu toute mon enfance et adolescence, même s’ils pensent le savoir. Mais ça sera dur de voir à quel point les gens voient ce qu’ils veulent bien voir. Donc pour l’instant m’éloigner géographiquement me suffit et je sais qu’à un moment je ne l’appellerai plus. Car je ne l’aime pas et c’est comme ça, je n’émets plus de regret : ce qu’elle m’a fait m’a brisée et a fait de ma vie un enfer. Je comprends que d’autres personnes ont vécu de choses bien pires et je suis vraiment désolée pour elles car personne ne mérite de vivre sous l’emprise d’un parent toxique. Mais ma mère m’a manipulée et a gâché mon adolescence et en ce sens je ne peux plus la supporter. Encore une fois l’adoption n’a rien à voir et je ne me suis jamais dit « si jamais j’avais été adoptée par une autre famille »… c’est comme ça et je veux tout faire pour aller mieux. Et si je dois sacrifier une partie de ma famille qui ne veux pas entendre ma souffrance c’est dommage mais je me dois d’avancer pour la petite fille qui pleurait tous les soirs et qui a grandi en pensant qu’elle était une « pute » (au sens de ma mère : une fille qui veut coucher avec tout le monde ce qui pour elle est très mal). Enfin, voilà mon témoignage. J’aimerai terminer sur une note positive et optimiste: nous n’avons pas tous la même manière de gérer les problèmes de relations et devenir distante face au problème n’est pas une solution qui convient à tous. Mais on peut s’en sortir et c’est normal d’avoir plein de ressentis différents à l’égard d’une personne. On a le droit et personne ne devrait nous en empêcher. Un jour ça ira mieux c’est certains.