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#9 J’en veux à ce système qui a décidé pour moi sans mon consentement.

Je suis né au milieu des années 80 au Brésil. Avec ma sœur jumelle nous étions dans un orphelinat depuis notre naissance. Nous avons été adoptés à l’âge de deux mois et demi par une famille française. Nos parents adoptifs souhaitaient au départ n’adopter qu’un enfant, un garçon. On leur a proposé des jumeaux, une fille et un garçon. Ne voulant pas nous séparer, ils nous ont adoptés tous les deux. Mes parents adoptifs étaient respectivement parent d’un enfant biologique; Ils avaient chacun eu une fille d’une précédente union. Ils les ont élevées ensemble comme deux sœurs. Leurs filles avaient environ le même âge, et une vingtaine d’années lorsque ma sœur et moi sommes arrivés dans cette famille. Elles avaient quitté le foyer familial et étaient en rupture avec leurs parents depuis déjà quelques années. Nous n’avons donc pas été élevés avec elles et ne les avons pas non plus côtoyées. Mes parents adoptifs venaient de remplacer leurs filles biologiques par deux enfants adoptés. Nous avons par ailleurs, été très bien acceptés par le reste de la famille (grands-parents, oncle, tante,…). J’aimais beaucoup ma grand-mère « paternelle », dont j’étais très proche.


En France, à l’école mon adoption était connue, les autres enfants me posaient souvent des questions : « Est-ce que tu te souviens de tes vrais parents? », « Pourquoi vous ont-ils abandonnés? », « Aimerais-tu revoir tes vrais parents ? », « Tu parles brésilien? » ; Des questions que moi-même je ne me posais pas encore. J’ai aussi découvert le racisme, dès l’école maternelle, dans la cour de récréation. Quelques enfants s’en prenaient à nous (ma sœur et moi) en se moquant de notre couleur de peau. Ce n’était que des mots d’enfants, mais nous ne comprenions pas. Dans la rue, les lieux de fréquentations (magasins, restaurants, etc), les regards devenaient pesant; Des enfants de couleurs avec des parents blancs ça attire l’attention, surtout dans certaines régions. Je n’aimais pas ça, je ne voulais pas sortir. J’en avais d’ailleurs parlé à la coiffeuse qui à l’époque s’occupait de ma tignasse bouclée, elle s’était montrée très bienveillante en me disant de prendre ça avec ironie. Nous en parlions aussi toujours à nôtre mère adoptive qui prenait systématiquement notre défense. A cette époque nous étions fusionnels. J’étais proche d’elle et j’avais un grand besoin d’affection de sa part. Je ressentais la peur de l’abandon. Un sentiment prégnant qui m’a accompagné durant toute mon enfance. Je me décollais difficilement d’elle et elle en était comblée. C’était une mère surprotectrice.
Avec mon père adoptif, les rapports étaient plus distants. Je sais qu’il était heureux (du moins au début) d’avoir un fils, mais c’était un homme dur et rigide, avec peu de patience, il s’emportait vite, parfois impulsif et grossier ; Les claques et fessées pouvaient tomber facilement. Il était rempli de rancœur et de colère. J’ai toujours pensé qu’il n’était pas fait pour être père et qu’il n’avait plus l’âge pour l’être. Je n’allais pas facilement vers lui. Je me souviens même, disant que je ne l’aimais pas… Ma grand-mère « maternelle » me disait : « On ne dit pas ce genre de chose de son papa… ». Je ne m’en rendais pas compte, mais je pense que s’il entendait ces mots, ça devait certainement le blesser.
Par la suite, ma mère adoptive est devenue culpabilisante et quelque peu dénigrante; Je me souviens que très jeune, elle nous demandait souvent qui nous choisirions si notre mère biologique venait nous récupérer, sans oublier d’émettre que c’est elle qui avait toujours été là pour nous… Je détestais cette question. Elle nous parlait aussi souvent de notre couleur de peau, de nos cheveux, de notre nez. Elle nous disait que dans ce monde nous n’avions pas de chance d’être noir, que si plus tard nous avions un gros nez, elle nous le ferait refaire, mais que j’avais tout de même de la chance, car je n’étais pas trop « négroïde »… Je crois que c’est à cette époque que j’ai commencé à avoir mes premiers complexes; Je rêvais de devenir blanc comme Michael Jackson et l’idée qu’on refasse mon nez m’enchantait! Ma mère adoptive vacillait entre bienveillance et dénigrement. En grandissant j’ai commencé à me détacher d’elle. Elle devenait très intrusive, cherchait à tout contrôler et nous subissions de plus en plus ses offenses. Dès que j’étais en désaccord avec elle ou contrariant, elle me menaçait de me payer un billet retour pour me renvoyer au Brésil, ou bien de m’envoyer en pension. Je vivais cela comme un éventuel futur abandon. Elle me répétait que j’étais un noir, que j’avais eu de la chance qu’elle veuille bien de moi, car personne ne voulait adopter de noirs (et elle citait ses ami(e)s ayant également adopté des enfants brésiliens, mais bien plus clairs que nous). Que nous les Brésiliens, étions en réalité des Africains; Que j’étais un Africain et que c’était à moi normalement de servir les blancs. Que je devais être plus reconnaissant que « les autres »… Sous-entendu les enfants biologiques. Je précise qu’en plus nous ne sommes pas noirs, mais métisses. Mon père biologique était blanc, information qui avait été donnée à nos parents adoptifs lorsqu’ils sont venus nous chercher à l’orphelinat, mais ma mère adoptive s’obstinait à dire que ce n’était pas vrai.

Je n’en avais pas conscience, mais je subissais au cœur même de mon environnement familial, le racisme.


Je ne me sentais pas en sécurité dans ma famille adoptive, j’avais souvent peur qu’on m’abandonne à nouveau. J’étais un enfant timide, introverti avec des tendances au bégaiement. A l’âge de six ans j’ai eu mes premières pensées suicidaires et à la préadolescence j’ai commencé à avoir des troubles alimentaires. Le début d’une forme d’anorexie qui m’a suivi jusqu’après ma majorité; Je ne supportais pas mon physique, j’ai commencé à être obsédé par mon apparence. A l’adolescence, ma relation avec mes parents adoptifs n’a fait que se détériorer. J’étais moins malléable. Les violences verbales devenaient routinière dans cette maison. Nos parents nous répétaient régulièrement qu’ils regrettaient de nous avoir adoptés, que nous leur devions tout, que sans eux nous ne serions rien, que si ils n’étaient pas venus nous chercher au Brésil, nous serions restés dans notre merde à manger des racines d’arbres… Ils ne faisaient que dénigrer notre pays d’origine, au point que nous faisions un blocage dessus ; Nous ne voulions pas en entendre parler et fuyions le moindre reportage télé sur celui-ci. J’étais de plus en plus souvent rabaissé, ils me disaient que j’étais nul, un incapable, que je ne sortais de rien. Ils m’étaient en doute mes compétences et me dévalorisaient systématiquement. Me faire insulter de « con » par exemple, est une habitude qui s’est vite installée. Ma sœur et moi n’étions pas toujours traité de manière équitable, surtout à cette période. Certains privilèges lui étaient accordés, ce qui avait pour résultat de créer des tensions entre nous et des frustrations. Parfois, les rôles s’inversaient. Avec le recul, je crois que c’était voulu. Nos parents utilisaient souvent le chantage, la culpabilité et les menaces pour nous contraindre à leurs exigences.
De l’extérieur, mes parents adoptifs renvoyaient une image qui suscitait l’admiration; Ils étaient très respectés et irréprochables en société. On me disait que j’avais de la chance, que j’avais tout pour moi… Eux aussi en étaient persuadés. Ils ne se remettaient d’ailleurs jamais en question, ma sœur et moi, nous leur devions tout et ils nous le rappelaient. Notre mère se ventait toujours d’avoir dû payer pour nous avoir… Comme si ça lui offrait un droit de propriété sur nous, un pouvoir illusoire. Puis nous avions un confort de vie matériel, de quoi pouvions nous manquer?… L’adoption était pour eux une démarche humanitaire qui exigeait redevabilité.
Mes parents adoptifs m’ont par la suite emmené voir des psychologues. Ils me répétaient tout le temps que je n’étais pas normal, que j’avais un problème… S’en est suivi quelques entrevues qui n’ont rien donné. Ces consultations se faisaient en leur présence. Quelques années plus tard j’ai été suivi par un psychiatre. Il était pour moi un échappatoire. Je lui parlais principalement de mes tendances addictives d’adolescent et de mon envie parfois de vouloir mourir. Il me parlait alors d’hospitalisation forcée, sans prendre la peine de creuser le pourquoi de cet état. Lors de notre dernier entretien, il voulait que nous abordions pour les séances à venir, mon adoption. C’est là que j’ai décidé de mettre un terme à ces rencontres, lui signifiant qu’il m’avait toujours été d’aucune utilité. Je n’étais en réalité juste pas prêt à aborder ce sujet. Je me protégeais.
Mes dernières années de vie avec ma famille adoptive, pendant ma période lycée, ont été les plus difficiles. Je me sentais complètement détruit. Je pensais quasi quotidiennement au suicide, seule issue qui pouvait s’offrir à moi pour ne plus avoir à les supporter. Je ne voyais aucune solution pour m’extraire de cette situation. La vie, le monde, les autres, plus rien ne m’était supportable. Mes parents ne faisaient que me rabâcher que le monde était dur, que la vie était difficile. Mon père me répétait : « La vie c’est comme une tartine de merde, chaque jour il faut en bouffer un morceau. » que tout ce qu’ils me disaient était pour mon bien. La vie avec eux, n’avait rien de savoureuse.


Toutes ces années d’existence au sein de cette famille ont eu un impact non négligeable sur moi ; Du petit garçon réservé et timide, je suis devenu introverti, puis complexé, au point de ressentir un profond dégoût pour moi-même, jusqu’à façonner mon physique pour gommer au maximum mon reflet originel.


Nos parents se plaignaient sans arrêt de nous. Nous étions les responsables de leur malheur. Nous n’étions jamais assez bien, tout était bon pour nous faire des reproches et pour nous tenir des propos négatifs. Il n’existait aucun échange réel, ils avaient toujours raison et il n’y avait aucune place pour nos choix. Nos ressentis n’ont jamais été pris en considération, ils ne se souciaient pas de ce que nous pouvions éprouver, si bien, que les abus que ma sœur et moi avons subis pendant l’enfance sont passés complètement inaperçus… De quoi pouvions-nous souffrir, puisque nous avions tout? Car avoir tout, n’autorise pas à se plaindre, c’est ce qu’on m’a enseigné.


J’ai toujours eu honte d’avoir été adopté. Un sentiment profond qui est en réalité le fait de ne pas avoir été désiré. C’est l’un des sentiments les plus lourds que je porte en moi. Comment peut-on trouver sa place lorsque l’on n’a pas été désiré ? Comment se sentir aimer lorsque l’on a pas connu l’amour inconditionnel d’une mère? Aujourd’hui encore, bien souvent je tais mon adoption. J’évite ainsi par la même occasion, les questions et remarques maladroites. La première question est toujours celle de l’âge : « A quel âge as-tu été adopté ? ». Et si tu réponds que tu as été adopté bébé, les gens te répondront à coup sûr une phrase de soulagement!
Comme si, être adopté bébé, ne portait pas à conséquence. Ce qui en revient à un mépris des ressentis éventuels et à nier la blessure primitive, ne reconnaissant finalement que la secondaire, celle d’un enfant adopté plus grand, qui seul lui, pourrait être atteint d’une blessure émotionnelle, psychologique, provoqué par l’abandon. C’est très hiérarchisant. Mes parents adoptifs étaient les premiers à nier mes ressentis et s’empressaient de répondre à ma place lorsque le sujet était abordé par un tiers : « Non, il ne se souvient de rien ! Il était trop petit ! ». Et pourtant, le souvenir émotionnel était bien là…
Après, ma première histoire d’amour, qui pour la première fois me faisait me sentir vivant, j’ai essayé d’en finir. Je venais de vivre ce qui avait été le plus intense dans ma vie, tout pouvait donc bien s’arrêter là. Je tenais responsable cette relation tumultueuse de ma tentative de suicide, mais la raison était en réalité bien plus profonde; Cette rupture n’avait été que le déclencheur de l’accumulation de tous mes maux arrivés à débordement. Pendant ma semaine d’hospitalisation, la directrice de l’hôpital et un psychologue sont venus me voir dans ma chambre, ils n’ont vu là qu’un pauvre garçon en plein chagrin d’amour et m’ont menacé à leur tour d’un internement si je recommençais d’attenter à mes jours.
Les dernières semaines dans ma cellule familiale ont été particulièrement conflictuelles, un harcèlement permanent, mais quelque chose s’est éveillé en moi les derniers jours avant que je ne brise mes chaînes (qui n’étaient que psychologiques); Je ne ressentais plus rien pour mes parents adoptifs, j’avais la sensation d’être en face de deux inconnus qui fustigeaient dans le vide. J’étais plongé dans une bulle dans laquelle plus rien ne pouvait m’atteindre. J’étais comme anesthésié. Un jour où j’étais de sortie, je reçois un appel de ma sœur, me disant que ma mère adoptive avait une fois de plus profité de mon absence pour fouiller dans mes affaires. C’était son habitude, dès que je sortais, en bonne mère intrusive comme elle était, elle se permettait de fouiner dans mon intimité. Je vivais cela comme un viol. Cette femme, me considérait encore comme un être immature. Ce jour là a été le déclencheur, j’ai décidé de ne plus rentrer. Jeune majeur, je pouvais enfin déployer mes ailes. Elle a tout de même essayé de me culpabiliser par textos pour que je rentre, en me disant que j’abandonnais ma sœur, qu’il fallait qu’on parle sans colère et sans haine, puis en dernier recours, me menaçant que si je ne rentrais pas à tant, la porte serait fermée pour toujours. Je lui ai répondu que je n’avais plus rien dire à des gens comme eux. Ça a été mon point final dans cette histoire. Pour la première fois de ma vie, je me suis senti libre. Une sensation nouvelle que je découvrais. Je venais de quitter ma prison dorée.
Ça fait maintenant plus d’une dizaine d’années que mes parents adoptifs ne font plus partie de ma vie. Je ne les ai jamais revus, à l’exception d’une fois, environ deux ans après mon départ, je les ai aperçu sur un marché de Noël, à l’autre bout de la France ; Je me suis caché pour ne pas qu’ils me voient. Je ne ressens plus de colère, ni de rancœurs envers eux, et ils ne manquent pas. Plus le temps passe et plus cette histoire me semble lointaine, parfois presque irréelle, j’arrive tout de même à me remémorer les moments joyeux, car oui, il y en a eu aussi, mais je reste navré de tout ce gâchis, qui peut-être, aurait pu être une belle histoire.

Malgré ça, résonnent encore en moi les échos des phrases assassines.


Quant à ma sœur, qui a vécu dans cette même ambiance, elle ne partage qu’assez peu mes ressentis. Elle se montre d’un devoir loyal envers ceux qui pourtant ont été si souvent nos bourreaux. Après plusieurs années d’émancipation, elle est même retournée vivre auprès d’eux. Elle se montre reconnaissante et redevable, estimant même que nous avons eu de la chance. La chance d’avoir échappé à un destin tragique, grâce à une adoption qui nous a apporté la garantie d’une meilleure vie que celle que nous aurions pu avoir en restant dans notre pays d’origine. Une pensée d’ailleurs populaire et dominante véhiculée notamment à travers les médias, reportages télé et autres documentaires, et qu’on nous a systématiquement rappelé. Il y a un mythe autour de l’adoption. L’adoption est encore trop perçue comme une démarche humanitaire qui ne fait que la valoriser. Et attention à ne pas venir contredire cette pensée collective, même en étant le principal intéressé, au risque de passer pour un ingrat et d’être renvoyé à sa souffrance qui serait propre à celle des adoptés en colère et donc relativisée. Nombre de fois ou l’on m’a fait comprendre que je manquais de rationalité, que les conflits familiaux étaient propres à chaque famille, biologique ou pas, que mon histoire, aussi triste soit-elle, aurait pu autant se produire dans une famille de sang. Et par dessus, cette idée stéréotypée, que des gens qui adoptent, ne peuvent pas être complètement mauvais. Tout cela ne fait que renforcer un sentiment de culpabilité.


Aujourd’hui je souffre en silence. Je souffre de cette absence de parents de sang, de ce qui m’a été enlevé, arraché, de ce manque de réponses, de ces incohérences qui auraient fait mon abandon, de tous ces mensonges, d’avoir acquis la nationalité de ce pays d’accueil en perdant à tout jamais celle de ma terre de naissance, de ces organisations administratives qui bloquent ma quête identitaire, de mes demandes d’accès aux informations sur mes origines pour lesquelles je n’obtiens pas de retour.

J’en veux à tout ce système qui a décidé pour moi sans mon consentement.

A mes parents adoptifs qui ont fait le choix de l’adoption plénière, qui exclue l’existence de mes parents biologiques, en rompant tout contact et tout lien de filiation avec eux. Une décision irrévocable, qui juridiquement est approuvée puisqu’elle fait l’objet d’un jugement, qui est précédé de l’obtention d’un agrément, garantissant les exigences légales pour adopter dans l’intérêt de l’enfant. Ses conséquences ne m’auront été pourtant que préjudiciables. Vient s’ajouter à cela, cette double peine, celle de ne pas être considéré comme un « vrai Français », ni comme « un vrai Brésilien ». N’avoir aucune légitimité aux yeux des autres et à la moindre occasion, d’être renvoyé à ma couleur de peau. Je me demande aussi si porter un prénom français est une chance? De part mon type ethnique et mon lieu de naissance, le fait d’avoir un prénom français étonne et interroge souvent. On me soupçonne même parfois de mentir sur celui-ci et je suis contraint de prouver sa véracité. Ma sœur, elle, n’a pas cet obstacle, puisqu’elle porte un prénom portugais, donc en lien avec nos origines.
Être un individu adopté, n’est pas juste un détail de mon histoire, ça a bouleversé l’intégralité de ma vie, ça influence mes choix et décisions, jusqu’à s’immiscer dans mes rapports aux autres : attitudes, sentiments, ressentis, réactions; Beaucoup de choses de la vie quotidienne me renvoient à cet état, consciemment ou pas. C’est enfermant. Puis il n’est pas évident de se faire comprendre et de demander aux autres de faire cet effort. Ma blessure narcissique et mes troubles de l’attachement/abandon influent encore insidieusement dans ma vie actuelle et personnelle. J’essaye de faire un travail perpétuel sur moi-même. Ma famille adoptive a tant été pour moi une source d’angoisse et d’anxiété permanente, qu’elles en sont devenues des troubles, qu’aujourd’hui je m’efforce de temporiser.
J’ai mis longtemps avant de pouvoir mettre des mots sur mon vécu. Il m’a fallu recul et introspection pour comprendre que ce j’avais vécu n’était pas acceptable. Je partage aujourd’hui mon histoire en revenant sur certains mots/maux pour montrer l’envers du décor qu’il peut y avoir derrière l’adoption. La parole est si peu donnée aux adoptés qu’il est nécessaire aujourd’hui d’une prise de conscience sur ce que peux infliger l’adoption internationale, tant sur les conséquences du déracinement, que du lien parents enfant qui peut ne jamais se faire.


Je termine mon récit par cette citation que j’aime beaucoup de Marcel Pagnol :
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants. » Le château de ma mère.

Par La Parole Aux Adoptés

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Une réponse sur « #9 J’en veux à ce système qui a décidé pour moi sans mon consentement. »

Bonjour, ce témoignage est très intéressant, et c’est très courageux de votre part. Le racisme inconscient en France est tellement ancré dans la culture française qu’il a des effets très pervers et il devient vraiment difficile d’en parler. Encore merci pour ce récit

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